lundi, février 21, 2011

Saint-Seb

L'autre soir, je suis allé faire un bowling dans un centre commercial vide de tout zombie, puisque les boutiques étaient fermées. Après m'être garé au 3e sous-sol, je prends deux ascenseurs différents et encore deux escalators, avant de croiser cette délicieuse créature qui me fait immédiatement penser à Saint-Sébastien, saint-martyr romain, protecteur de la peste. 

L'empereur Dioclétien apprend un jour que le capitaine de sa garde prétorienne, Sébastien, est chrétien et fait des miracles. Il reproche à Sébastien sa traîtrise et donne à ses soldats l'ordre de l'exécuter en le transperçant de flèches. Selon la légende, les archers avaient beaucoup d'estime pour leur chef et auraient évité de viser le cœur, si bien que Sébastien ne succomba pas à ses blessures. Soigné par une jeune veuve nommée Irène, rapidement rétabli, il se rendit auprès de l'empereur pour lui reprocher à son tour sa cruauté à l'égard des chrétiens. Dioclétien le fit alors rouer de coups jusqu'à la mort et ordonna que son corps soit jeté dans les égouts de Rome. 




Le coeur de cette jeune fille a été épargné de justesse par les machines standardisées de la grande distribution. Jusqu'à ce qu'elle soit jetée au container, puis brûlée vive au crématorium à ordures. 
      

lundi, février 14, 2011

la mouche qui pète

Toujours dans la catégorie santé, j'ai eu la chance de photographier un laboratoire d'analyse rempli de laborantines et de laborantins qui m'ont semblé s'entendre à merveille. Cependant, il faut avouer qu'un laboratoire d'analyse, ce n'est pas très folichon comme cadre de travail. C'est pourquoi l'un d'eux s'est dit que des petites figurines disney égaieraient un peu tout ça. Les voilà, ces petits monstres. 


mercredi, février 09, 2011

les accras du bloc

Dimanche dernier, c'était mon anniversaire et ma mère m'a promis des accras de morue en entrée. J'y ai pensé durant toute la fin de la semaine, jusque dans le bloc opératoire où je faisais des photos pour un magazine médical. Lorsque j'ai vu ces bandelettes de désinfectant, je me suis mis à saliver abondamment: Ils ressemblent comme deux gouttes d'eau aux accras de ma mère. 
















Dimanche, ma mère a effectivement fait des accras... mais de crabe.
  

mardi, janvier 25, 2011

ma fève Avatar

Je n'ai jamais caché ma passion pour Riad Sattouf et mon dégoût pour Avatar. Lorsque j'ai lu le tome II de La vie secrète des jeunes j'ai ri de la plupart des personnages. Le seul pour qui j'ai ressenti une profonde empathie fut ce être au grand front et aux sourcils en circonflexe. N'hésitez pas à cliquer sur l'image pour l'agrandir. 

Hier, j'ai été invité à une fondue chinoise dans la famille de mon amie. Au dessert, frangipane. Je tombe sur la fève. Mais pas n'importe laquelle... UNE FEVE AVATAR. 


La prophétie du personnage de Riad Sattouf est donc vraie. La laideur d'Avatar nous envahit de toutes parts : A la banque, à la poste, sur le coca, et dans mon gateau! Bordel de fève! 

mercredi, janvier 12, 2011

petites filles

Il y a peu, j'ai revu les photos brésiliennes d'Aurélien Fontanet avec qui j'ai voyagé l'année passée. 
Sur son site, j'ai croisé cette petite fille. Sublime. 


Je me suis alors rappelé d'une petite fille que j'ai photographiée au Brésil, accompagné d'ailleurs d'Aurélien. 

En visite dans la campagne reculée du Maranhão, nous arrivons en Jeep près d'une école en ruines. Non loin de là, une ferme dans laquelle nous entrons. La famille nous reçoit chaleureusement, nous leur offrons de la pâte d'abricot. Leur petite fille entre dans la pièce. Elle me regarde fixement, comme si elle avait été prévenue que je serais là. Décrivant des arcs de cercle autour de moi, elle cherche à m'hypnotiser avec une étrange détermination. Alors que je commence à perdre un peu conscience, je demande à sa mère la permission de prendre sa fille en photo. Elle accepte, mais la petite refuse catégoriquement. Je m'efforce alors de l'apprivoiser maladroitement, mais en vain. 
Soudain, dans un revirement compulsif, la petite accepte et s'adosse contre le mur. 


Je la photographie. 
Elle se relève, fait quelques pas et se met à pleurer silencieusement. 

mercredi, décembre 29, 2010

50% à la Migros

Un mec se gare en scooter à côté de mon vélo. Sans enlever son casque, il se dirige vers le supermarché, tout comme moi. Je le perds de vue dans les rayons, mais le retrouve derrière moi à la caisse: Il porte toujours son casque.
Je regarde ce qu'il achète. J'énumère perplexe ses six croissants surgelés, plus un Red Bull. Alors qu'il sort son portefeuille pour payer, je remarque ses petites mains, comme des petites pattes qui grappillent les billets.
Nous sortons en même temps du supermarché et là je le vois prendre la Tribune de Genève dans la caissette à journaux.
Je me dis que petites mains + six croissants surgelés + Red Bull + Tribune + casque sur la tête = quoi?

Je ne sais pas, mais au lieu de remonter sur son scooter, il est entré directement dans le bâtiment de Caritas. J'en profite pour prendre en photo les poignées de son scooter, dans lesquelles il réfugie ses petites mains lorsqu'il fait froid.


jeudi, décembre 23, 2010

ça se passe dans la steppe

Il a beaucoup neigé ces derniers temps sur l'Europe, rappelant aux voyageurs les éruptions du volcan islandais Eyjafjöll. La Nature est notre maîtresse bon sang! Voilà le tarmac de Cointrin, piste de curling géante pour les titans. 



Mais surtout, je rentre d'Istanbul et juste devant moi il y a un type et sa nana, couple tout droit sorti d'une yourte au milieu de la steppe anatolienne. Ils ne comprennent rien aux ceintures de sécurité et rien à comment ingurgiter le plateau repas, d'ailleurs la possibilité de baisser leur tablette pour poser le plateau dessus ne leur est pas vraiment venu à l'esprit avant que l'hôtesse ne le leur conseille. 

Le clou se déroule au tapis à bagages, lorsqu'ils s'emparent systématiquement de chaque valise qui passe devant eux, l'inspectent et la remettent sur le tapis, désormais certains que ce n'était pas la leur. Personnage de référence, le Securitas intervient pour leur expliquer qu'ils incommodent les autres usagers de l'aéroport. Mais dehors les romanos! 
J'ai volé une petite photo avant qu'il ne s'empare également de ma valise et que nous réglions ça... à l'amiable. 

mercredi, décembre 22, 2010

boule de neige


Il y a plusieurs possibilités pour interpréter cette image. 
Soit le bonhomme de neige se dit qu'éboueur c'est vraiment un métier pourri,
soit il se dit qu'on jette dans les poubelles plein de trucs qui peuvent encore servir et se désole de notre consumérisme,
soit il ne comprend pas bien l'arabe et doit s'appliquer pour comprendre le slogan de l'affiche (surtout qu'il le lit à l'envers), 
soit il veut se taper les noisettes qui sont dans le bol (c'est la bonne réponse).

lundi, décembre 20, 2010

les petits chats

























J'ai récemment publié sur mon site une série de photos prises à Beyrouth. Lorsque je l'ai éditée, je me suis retrouvé face à un problème récurrent: Les photos de chats. Lors de chacun de mes voyages, je photographie des chats dans les rues, sur des toits ou dans des poubelles. Il y en a partout. J'adore les photographier, mais je n'ai jamais montré le résultat à qui que ce soit, bien trop coupable de mièvrerie. Aujourd'hui, je me fais violence et j'en publie une sur mon blog, en mémoire de toutes les autres. Est-ce qu'ils ne sont pas mignons ces deux petits chatons qui mangent des poissons pourris dans le tas de boue de la décharge à côté? 

Pour un travail de recherche que je mène actuellement, je me passionne pour les rats. Lors de mes recherches, je me suis rendu compte de l'importance des chats dans la régulation des populations de rattus rattus de nos villes. Au Moyen-Age, les massacres de chats errants ont permis la prolifération des rats noirs dont les puces étaient porteuses de la peste bubonique. Dommage.


Cependant, je suis allergique aux chats. Je les déteste. 

jeudi, décembre 02, 2010

la pellicule est plus poétique que le numérique

Sur un quai de métro stuttgartien, je demande à une demoiselle qui passe par-là de nous prendre en photo, mes amis et moi. Elle accepte et nous nous mettons en rang, bras-dessus bras-dessous. 
Smile. 

Nos sourires se crispent, la photo ne vient pas. 
Je lui dis d'appuyer sur le bouton.
- Le bouton! 
Il faut appuyer sur le bouton! Oui oui, là, sur le bouton!

Rien n'y fait. Je me déplace alors pour lui montrer la marche à suivre. Je m'empare maladroitement de l'appareil et j'appuie par inadvertance sur le bouton alors que l'appareil est braqué sur elle. Du coup, ce visage qui ne devait jamais s'imprimer sur cette pellicule 24 x 36, s'y imprima. Le hasard a voulu que cette fille dont je ne devais jamais me souvenir m'accompagne désormais. Un jour, elle ressortira de mon tiroir lors d'une quelconque soirée photo. Elle figure même désormais sur mon blog.


A la suite de cet événement mineur, nous reprenons nos places, elle appuie au bon endroit, la lumière pénètre l'objectif, l'obturateur se referme. Notre photo existe. La photo. Celle que nous avons patiemment attendu. La photo qui devait depuis toujours figurer sur cette pellicule. La photo qui existait déjà presque avant le voyage. 

















Plus tard, dans le métro en marche, nous nous sommes dit qu'elle avait dû se prendre une bonne dose de flash dans la gueule lorsque j'ai eu la maladresse d'appuyer sur le bouton. 
Alors on a essayé de voir ce que ça faisait. 



mardi, novembre 30, 2010

j'ai longtemps cherché Helmut Kohl


Mon récent voyage à Stuttgart a largement stimulé mon imaginaire politique. Le premier soir, je suis passé devant les locaux de la CDU. Ca m'a rappelé mon enfance, le mur de Berlin... et HELMUT KOHL. J'étais bouleversé. Du coup, tel Salieri cherche à reconnaître Mozart dans la réception du film Amadeus sur le seul principe que le talent se lit sur un visage, je me demandais sans cesse qui votait CDU dans ce pays. J'ai rencontré et photographié une petite galerie de personnages magnifiquement allemands. 


1. La caissière gentille et affable de la fête foraine. Trop bienveillante pour ne pas voter CDU. 



2. La copine goth de "Grave" (à prononcer "Gwaïve"), pseudonyme métal, chez qui on a dormi sur les canapés en cuir noir, de son vrai nom "Bastian" (à prononcer "Ba'chtianne").
Après une brève analyse de leurs deux furets, puis du poster "les plus beaux cimetières d'Allemagne" sur la porte de la salle de bains et enfin de la collection plus ou moins obsessionnelle de livres sur les naufrages célèbres, je suis arrivé à la conclusion qu'ils étaient beaucoup trop cool pour voter CDU. 



3. Le vendeur de kebab. En général, c'est eux qui votent CDU. 



4. Le serveur à tête de maton nazi. La chevelure peignée, la cravate imposée, la chemise Grand Marnier, le mono-sourcil menaçant, je crois qu'il est victime de son code génétique. Il est irréprochable germanico-socialement, et en plus il bosse! 
Il devrait voter comme ses parents, CDU. Mais parfois un peu de rock à l'adolescence donne l'occasion de prendre le contre-pied des conceptions moisies qu'on vous inculque à l'heure du goûter. On va donner un bon coefficient anti-CDU à ses rouflaquettes et dire qu'il ne vote pas CDU. 
Blague à part, il nous a amené des tartes aux myrtilles trop bonnes. 




lundi, novembre 29, 2010

GI JOE

A Stuttgart, j'ai récemment eu l'occasion de rater une photo de mon ami Mathias. Ratée ou pas, dirait un véritable bonhomme parachutiste GI JOE. 


mercredi, novembre 03, 2010

blitzkrieg


Un ami m'a récemment proposé d'aller passer nouvel an 2010-2011 à Berlin. Je me suis alors souvenu de cette image que j'ai prise le 1er janvier 2005 sur un carrefour berlinois. Un amas pétards mouillés, de bière et de neige. Un chaos incommensurable. Le pied.

vendredi, octobre 29, 2010

chasse en Alsace

Il y a quelques années, j'ai suivi une chasse en Alsace. 








mercredi, octobre 27, 2010

mardi, octobre 26, 2010

lundi, octobre 25, 2010

Pirates 1

Ce jeudi 18h à la galerie douzesurdouze je participe à une exposition qui s'appelle Pirates. J'ai fait des recherches que je ne vais pas exposer. 
Les voilà.  

samedi, octobre 09, 2010

gros sur la patate


J'ai longuement regardé cet homme remplir cette coupe de champagne, s'arrêtant pour laisser la mousse redescendre avant de recommencer. Il m'a paru si plongé dans les méandres des bulles de cette coupe que je me suis demandé à quoi il pensait. Bien des gens cachent une vie émotionnelle vive et colorée sous une carapace morne et patibulaire, c'est pourquoi je me suis dit qu'il pensait peut-être à son ami ou à son amie à qui il faisait l'amour ou encore à son jeune chien, espérant qu'il n'urinerait pas sur le sofa du salon, ou enfin à sa voiture dans laquelle il désirait plus que tout appuyer sur le champignon jusqu'à ce qu'elle hurle de saturation. 
En partant, je me suis dit que c'est impossible de savoir ce que les gens pensent, mais que j'étais sûr qu'il en a gros sur la patate.


mercredi, octobre 06, 2010

pas de temps à perdre

J'ai fait cette photo pour la Ville de Genève à l'occasion de la JIPA, la journée internationale de la personne âgée. Une chose est sûre, cette dame dévore sa retraite à pleines dents et n'a pas de temps à perdre. 



mardi, octobre 05, 2010

fire in cairo

Je me sens coupé des gens qui m'accompagnent, je les regarde et tâche de faire réagir mon corps en fonction de leurs attentes. Un sourire, un mouvement, une réponse évasive. Quelque chose me happe comme une barre d'acier le serait par un aimant. Je suis debout, à la frontière de deux dimensions, avec des lunettes de soleil pour cacher des yeux brûlés par l'incandescence de mes os.

Dans une chambre d'hôtel, couché sur le dos, je regarde le crépis blanc du plafond. Je décide de me lever et me dirige vers la fenêtre pour y trouver refuge.


J'ai l'impression de contempler un paysage atomique. De l'air chaud frappe mon visage, une curieuse sensation me fait toucher terre. Je sors de l'hôtel, monte dans un taxi et cherche à comprendre. 




Je demande au taxi de rouler. Il refuse et exige une destination. Je lui dis de m'emmener au musée.

- Cairo Museum?
- Yes, Cairo Museum.

Nous roulons, je regarde par la fenêtre, le vent entre dans mon nez, l'image se forme. C'est une moiteur, une odeur de pneu brûlé, la rudesse de certains regards, des poussières beiges, la nourriture frite qui rend l'air huileux, l'indifférence des femmes, le soleil qui m'enduit le cuir chevelu de terre brûlée, la transpiration qui m'enrobe, les gouttes qui glissent le long de mon torse, les chiens qui ne sont pas les mêmes qu'en Europe puisqu'ils errent et ont des maladies de la peau.

Au musée du Caire, je suis allé voir des momies.


En rentrant, je m'arrête devant cette vitrine. Les marionnettes m'ont toujours fait tellement peur que j'ai trouvé cette vitrine d'enfants mannequins absolument terrifiante.


Le lendemain, à l'aéroport, je rencontre des américaines avec qui je vais voyager. Je remarque que l'une d'elle a une tache à l'arrière de la jambe droite et que sa valise est sale.
                    

lundi, septembre 06, 2010

peur du noir

A chaque fois que je marche à proximité de cette tente, un vibrant frisson gravit mon épine dorsale. Ma hantise est absolument incarnée par cette image: Dormir dans un cercueil. Si je dors dans un telle prison, je me réveille à coup sûr en hurlant comme une bête au milieu de la nuit. Je me débats, terrifié par le noir abyssal qui m'entoure, arrachant les piquets dans mon mouvement. Je roule le long de la pente, heurtant les campeurs endormis. Entouré d'une foule de curieux, je gis dans l'herbe, la bouche pleine d'écume. 

Non loin de là, un autre cercueil, en plastique cette fois-ci. Les propriétaires ont eu la délicatesse de le mettre au soleil, livrant son petit résident à la merci des enfants du village. Un matin, je les ai vu taper contre sa petite grille pour le réveiller. Avec leurs petites mains.    


dimanche, août 01, 2010

open the gate

Je me promenais dernièrement dans une zone industrielle, c'est là que j'ai découvert la porte des enfers. 


dimanche, juillet 25, 2010

autoroute

Tout a commencé par cette enseigne sculptée dans ces hautes herbes. Bienvenue à la cafétéria de la station service. Ce qui sous-entend Ici on fait des efforts pour vous recevoir. Si on remarque que les E commencent a avoir de la peine à affirmer leur condition de voyelle, tout comme le I qui commence à perdre pied, on commence alors à en douter. La pelouse fraichement tondue moisit au soleil et exhale un doux parfum de campagne. A l'intérieur, des gens se prennent en photo devant la réplique d'un tricératops qui a vraisemblablement habité les abords de l'autoroute il y a quelques 65 millions d'années..
Avant de continuer notre route vers l'Atlantique, nous nous arrêtons à la cafétéria. Bruno a pris une pizza, quelle erreur.  

Notre itinéraire n'étant pas des plus simples et mon GPS n'étant pas du tout à jour, nous nous perdons sur des routes départementales peuplées de vagabonds et de giratoires. Nous demandons notre route dans cet hotel. Des hommes ventripotents boivent de l'alcool sur la terrasse. Nous approchons. Ils nous regardent en silence. Nous passons à côté d'eux en les toisant furtivement et pénétrons à l'intérieur. Une charmante jeune fille aux cheveux décolorés nous reçoit et nous renseigne. Sur son comptoir, un dépliant de la fête médiévale du Puy du Fou. J'en prends un. Nous ressortons. Les hommes nous regardent toujours. En nous éloignant, nous sentons leurs yeux nous brûler le dos. Je me retourne, je prends cette photo, ouvre la voiture, nous sautons dedans et démarrons en trombe. 

De retour sur l'autoroute, l'essence finit par nous manquer. Nous nous arrêtons, Bruno fait le plein alors qu'un sentiment d'inquiétude nous envahit progressivement. Une mauvaise vibration.




Je me rends compte qu'il s'agit d'une camionette, stationnée devant l'entrée de la boutique, dont le moteur tourne à vide et vrombit des vapeurs d'huile de moteur arrivant jusqu'à nous. Les occupants ne sont pas là. Je me dis qu'ils doivent être très pressés. Deux jeunes hommes sortent de la boutique en traînant les pieds et en crachant par terre. Se sont eux. Ils boivent du café et fument devant leur camionnette allumée. Des familles passent. Tout le monde a l'air de trouver ça normal. Je me suis demandé si je devais les prendre en photos. En fait, je n'avais pas envie de les revoir. 

Le voyage que nous avons fait sur cette autoroute concentre un nombre incalculable de moments troubles. Je crois que je les aime. Tout comme j'aime le bitume, l'odeur de l'essence et la chaleur. La platitude des paysages qui bordent les autoroutes, les courbes absurdes qu'elles nous imposent et les traces de peintures sur le sol qui s'estompent avec le temps, parce que trop de gens ont roulé dessus. 

Quand nous sommes arrivés au bord de l'Atlantique. Nous sommes allés nous baigner. J'étais très content de sentir la moite sensation d'avoir le corps rempli d'air marin et de sentir le sable chaud se lover dans la courbure de mes pieds. Alors j'ai couru dans l'eau et j'ai plongé. Je ne savais pas que je plongeais sur un rocher qui m'a déchiré le ventre en deux. Comme une stigmate christique, je saignais. Je suis revenu sur la plage dégoulinant d'eau de mer et de sang. Les gens me regardaient.



   

lundi, juin 28, 2010

seize jeunes filles


























Ces femmes soldats posent devant le Mur des Lamentations à Jérusalem. Un moment de répit durant leurs années de service militaire.
Je crois que c'est le caractère un peu unique de ce genre de scènes qui me séduit. Unique parce que ces femmes posent en tenue militaire, elles portent toutes une arme, elles sont nombreuses et semblent heureuses d'être là, au moment où elles posent. 
 

mercredi, juin 23, 2010

Tel Aviv Gay Pride


Ils se sont déguisés pour aller danser.

Elle a découpé un de ses bas résille bleu clair pour en faire un accessoire original.
Ils se sont accordés sur les couleurs qu'ils auraient en commun: Jaune, rose et aluminium.
Ils ont eu l'idée de se fabriquer des épaulettes.
Face à face dans la salle de bains, ils se sont même peint des lunettes de super-héro.
Il a fait l'effort de mettre ses buffalos. Elle a fait l'effort de mettre des sandalettes basses.

Peut-être qu'ils s'aiment.
 

lundi, juin 07, 2010

analogies de bord de mer

C'est un tableau de chambre d'hôtel, en voyage. Le genre de tableau si connus de notre imaginaire qu'on ne les voit même plus. Alors qu'ils existent vraiment. Il y a vraiment des hôteliers qui accrochent des tableaux avec des palmiers au bord de la mer dans les chambres qu'ils louent. 
La chambre est très grande, le tableau très petit. Mais accroché suffisamment haut pour éveiller ma curiosité. Je me rapproche. Le peintre a même peint un phare. 
 

























Plus tard, je marche sur les quais. Je viens de rater la fin du marché au poisson. Des hommes balaient l'eau sur le sol à l'aide de grands balais à poil dur. Des sons de frottements m'entourent, mes chaussures sont mouillées. Un stand n'a pas encore remballé sa marchandise. Le propriétaire a de gros doigts noircis par son travail, il fume et discute.
Je m'arrête un instant devant sa marchandise. Les poissons couchés sur cette bâche me rappellent le tableau de ma chambre. Ce sont eux qui peuplent les eaux du tableau. Visqueux et rapides. Désormais, ils sont étalés devant moi, morts et facilement digérables.
Comme la peinture à l'emporte pièce de ma chambre.